
2 novembre 2026
Derrière le masque: quand la maison devient un lieu de peur
C’est bientôt l’Halloween. À cette période de l’année, les masques et les déguisements nous permettent de changer d’apparence, de jouer un rôle et de devenir quelqu’un d’autre le temps d’une soirée.
Par contre, pour certaines personnes, le masque n’est pas un jeu. Il peut servir à cacher une souffrance, à préserver les apparences ou à éviter que l’entourage ne pose des questions. Ce qui se passe derrière les portes closes ne correspond pas nécessairement à ce que les autres perçoivent, car la violence conjugale, c’est pernicieux et on ne le voit pas toujours.
Le masque que l’on porte pour cacher ce que l’on vit
Pourquoi certaines femmes mettent-elles un masque ? Par exemple, vous gardez un beau sourire de façade en continuant de travailler, de voir vos proches et même pour accomplir vos responsabilités alors qu’en vérité, vous vivez une détresse importante.
Pour d’autres femmes, c’est la peur du jugement, la peur de ne pas être crue, de se faire dire qu’elle exagère ou même de devoir justifier pourquoi elle reste dans la relation. C’est bien plus simple de mettre un masque que d’expliquer tout cela, non ?
D’autres femmes, quant à elles, sont confuses. Vous vous demandez si ce que vous vivez est vraiment de la violence, particulièrement lorsque les comportements alternent entre affection, excuses, contrôle et intimidation.
En même temps, vous avez besoin de vous protéger. C’est pour cela que vous cachez certaines choses à votre entourage afin de préserver votre sécurité ou encore pour composer avec votre situation.
Parfois aussi, le partenaire a une image tout à fait différente en public de ce qu’il projette en privé. C’est encore plus difficile pour les femmes victimes de violence conjugale lorsque le conjoint est apprécié de son entourage et dans la communauté, alors que sa partenaire vit des comportements de contrôle ou d’intimidation.
Ne serait-il pas temps de déposer votre masque et d’évoquer la réalité ? Ne voudriez-vous pas avoir un endroit sécuritaire, comme votre domicile pour pouvoir le déposer ?
Quand la maison cesse d’être un refuge
Comment cela se passe-t-il à la maison? Est-ce que vous surveillez constamment l’humeur de votre conjoint pour anticiper ses réactions? Peut-être vous arrive-t-il de modifier votre comportement, vos vêtements, vos fréquentations ou vos activités pour éviter une dispute? Vous ne devriez pas avoir à le faire. Vous ne devriez pas non plus avoir peur d’exprimer votre opinion ou de dire non.
Est-ce que dès que vous arrivez à la maison, vous devez passer un interrogatoire? Votre conjoint vérifie-t-il vos communications, vos déplacements ou vos dépenses? Peut-être vous sentez-vous responsable de ses colères ou de croire que vous devriez en faire davantage pour que la relation se passe bien?
Réfléchissez-y. Comment ça se passe chez vous? Vous savez, vivre dans la peur, devoir constamment s’adapter aux réactions de son partenaire ou sentir que sa liberté diminue sont des réalités qui méritent d’être prises au sérieux. Contrairement à la maison hantée que l’on visite pour s’amuser, le domicile devrait être un endroit où l’on peut se reposer, être soi-même et se sentir en sécurité.
La violence conjugale ne laisse pas toujours des marques visibles
La violence conjugale ne se résume pas aux coups. Elle peut prendre plusieurs formes, comme la violence psychologique et verbale. Dans ces cas, les humiliations, les insultes, les menaces, le dénigrement et les tentatives de faire douter une femme de sa perception de la réalité sont monnaie courante.
Il est aussi possible que votre partenaire vous contrôle ou vous isole en surveillant vos déplacements, en contrôlant vos communications, en restreignant les contacts avec vos proches ou en imposant des décisions.
Vous êtes peut-être victime de violence économique. Votre partenaire contrôle-t-il l’argent ou vous empêche-t-il d’accéder aux ressources financières ? Pouvez-vous vous acheter une petite gâterie une fois de temps en temps?
La violence peut également être physique ou sexuelle. Mais n’attendez pas d’en arriver là pour prendre ce que vous vivez au sérieux.
Vous n’avez pas à porter ce masque toute seule
Vous savez, vous n’êtes pas responsable de la violence exercée par votre conjoint. Vous n’avez pas besoin de trouver les bons mots ni d’être certaine de ce que vous vivez pour en parler à une intervenante de Havre l’Éclaircie. Vous n’avez pas à prendre toutes les décisions aujourd’hui.
Surtout, demander de l’aide ne signifie pas nécessairement que vous devez quitter immédiatement votre conjoint. Vous pouvez commencer par parler de votre situation et explorer les possibilités qui s’offrent à vous. Vous méritez d’être écoutée, crue et accompagnée sans jugement.
Il est aussi important de se rappeler que chaque situation est différente. Mais retenez une chose : vous n’avez pas à affronter tout cela toute seule et vous n’avez pas à démontrer aux autres ce que vous vivez pour avoir droit à de l’aide.
Vous avez le droit de vous sentir en sécurité
Ta maison devrait être pour toi un refuge. L’Halloween prendra fin, les costumes seront rangés, mais la peur vécue au quotidien ne disparaît pas au lendemain de la fête des bonbons.
Je te rappelle que Havre l’Éclaircie est toujours là pour toi, 24h sur 24, 7 jours sur 7. N’hésite pas à nous appeler au 418 227-1025. Même si tu ne sais pas encore comment qualifier ta situation, nous sommes là pour t’écouter, te soutenir et t’accompagner, à ton rythme. Tu n’es pas seule.

Si tu te poses des questions sur ta relation et/ou sur les conséquences sur ton enfant suite à la
lecture de ce texte, n’hésite pas à nous contacter. Nous sommes là pour t’aider à y voir plus clair.


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