Les effets de la violence

Que se passe-t-il chez la femme victime de violence conjugale, alors que le cycle se reproduit et accélère son mouvement?

Au fur et à mesure des agressions, la femme arrive à voir la violence comme normale et même justifiée. Son seuil de tolérance augmente, au point qu'elle ne perçoit plus les manifestations les plus quotidiennes de contrôle. Elle se vide, littéralement, de son dynamisme et de son énergie vitale. Pourquoi? Parce qu'elle se conditionne à subir constamment un climat de tension; parce qu'elle doute de ses émotions et de sa propre compréhension de la situation; parce qu'elle fait tout pour éviter de nouvelles agressions; parce qu'elle est obligée de justifier ses attitudes et ses comportements.

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Elle vit sous la menace constante de l'agression et cela devient une seconde nature: elle ressent de l'impuissance. Elle ne croit plus pouvoir un jour maîtriser sa propre vie. Elle est sûre que toute tentative pour s'en sortir est vouée à l'échec. Parfois, elle se défend et risposte à la violence du conjoint; aussitôt, on la taxe de violente, comme si c'était dans la dynamique de son couple d'être violent. Ne lui dit-on pas aussi qu'elle provoque les agressions? Est-elle vraiment violente? Peut-être que oui. Elle ne sais plus. Par contre, si elle ne se défend pas, on lui reproche de ne pas réagir, de se laisser faire, de ne pas avoir essayé de se défendre. Quoi qu'elle fasse, elle est mise au banc des accusées.

À cause de cette image d'elle-même si négative, elle ne voit pas que, dans la réalité, elle essaie de résister à la violence: tous les jours, elle se défend. Elle utilise des stratégies d'adaptation liées à sa compréhension de la situation. Elle tente d'assurer sa protection et celle de ses enfants, le cas échéant. Elle combat avec ses propres armes, malheureusement insuffisantes parce qu'en réalité, ce n'est pas elle qui a le contrôle. Cette femme en arrive à avoir honte, honte de son incompétence à faire cesser la violence.

Est-il surprenant que cette peur, cette insécurité permanente se traduisent en maux physiques? Souvent, la femme violentée somatise, elle devient anxieuse et dépressive, en plus de devoir traiter les traumatismes et séquelles liés aux coups qu'elle a reçus.

La violence conjugale a des effets dévastateurs sur la santé mentale et physique des femmes qui en sont victimes. Sur le plan physique, elles ressentiront des douleurs variées, des allergies, de l'insomnie, des troubles digestifs, etc. Sur le plan de la santé mentale, les conséquences se traduiront par la consommation de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques et analgésiques), une détresse psychologique élevée, des symptômes de dépression.

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Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale. "La violence conjugale…c'est quoi au juste?"

 

 

 

 

 

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