Les conséquences de la violence conjugale sur le lien mère-enfant

Lorsqu'il y a présence de violence conjugale dans une famille, les deux parents n'exercent pas une autorité mutuelle et égalitaire sur la discipline des enfants. Les parents ne sont pas là pour s'entraider comme dans un couple sans violence. Il existe des liens hiérarchiques imposés par la violence, et les enfants les sentent.

Les enfants ont besoin, pour se développer, de l'encadrement provenant des deux parents. Normalement, les enfants se sentent en sécurité physique et psychologique sous l'autorité de leurs deux parents. La violence conjugale vient brouiller cette normalité. On peut comprendre facilement ce qui découle de la violence conjugale du père envers la mère si on se pose la question suivante: un enfant peut-il se sentir en sécurité sous l'autorité  d'une mère qui reçoit constamment des reproches, qui n'est pas sûre d'elle-même, qui a peur de son conjoint, et qui se fait chicaner par lui? En fait, un effet de la violence conjugale sur les enfants est l'insécurité associée à l'obéissance à l'autorité de la mère. Sous cette dernière, l'enfant ne se sent plus en sécurité.  "Est-ce que je dois écouter papa? Oui, c'est le chef.  Est-ce que je dois écouter ma maman? Non, parce qu'elle n'est jamais correcte. Si je fais ce qu'elle veut, je ne serai pas correct non plus. Alors, je ne dois pas écouter maman."

Cette situation est très difficile pour la mère. Non seulement vit-elle des échecs répétés face à son conjoint dans la dynamique de la violence conjugale, mais en plus, son enfant, fille ou garçon, refuse son autorité. Elle tente de l'encadrer, mais il refuse son encadrement. Il ne fait pas ce qu'elle lui demande et lorsqu'elle tente de le forcer, il fait des crises et peut même utiliser des comportements violents envers elle.

Dans les situations de violence conjugale, les rapports de pouvoir familiaux sont donc perturbés. L'enfant ne se situant plus sous l'autorité légitime de sa mère, il peut se positionner soit au-dessus d'elle, soit égal à elle. Dans une famille, les enfants adoptent différentes règles face à leur mère, en fonction de ces positions de pouvoir. L'enfant qui se positionne en égal à sa mère refuse son autorité. Il peut en venir à la considérer comme une rivale. L'enfant rival peut être en compétition avec sa mère face au père, ou vouloir jouer, mieux que sa mère, un rôle de parent auprès de ses frères et soeurs. On peut imaginer combien ces situations peuvent être difficiles à vivre pour la mère. L'enfant qui se positionne en égal à sa mère peut aussi la considérer comme une amie. La mère pourra exercer une certaine influence sur son enfant en acceptant le rôle que son enfant lui donne et en interagissant avec lui en fonction de cette position hiérarchique. Dans un tel contexte, la mère peut en venir à percevoir son enfant comme un petit adulte, un confident et un ami. Il est alors important de se rappeler que c'est la violence conjugale qui force ces règles et que cette mère vit des échecs répétés lors de ses tentatives d'encadrer son enfant et de le traiter comme un enfant.

Source: Formation « Réalité et dépistage des enfants exposés à la violence conjugale » du Comité Priorité Violence Conjugale
 
 

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